A la rencontre des Catadoras de Mangaba
DOSSIER EXCLUSIF:
La technologie ancestrale du soin par Brenda Helena Barreto
À la rencontre des Catadoras de Mangaba du Sergipe, au Brésil : des femmes noires et autochtones qui perpétuent un savoir vivant autour de la mangaba, entre cueillette, mémoire, autonomie et soin du territoire.
Dans les restingas du Sergipe, au nord-est du Brésil, un fruit tombé au sol raconte à lui seul l’histoire d’une terre, de luttes féminines et d’une mémoire vivante. Ce fruit, c’est la mangaba.
Mais pour le savourer, il faut savoir attendre. La mangaba ne se cueille pas comme n'importe quel fruit : elle doit tomber d'elle-même, une fois mûre.
Avant ce moment précis, son latex la rend impossible à consommer. Il faut donc observer, revenir, écouter le rythme de l'arbre. C'est ici que commence l'histoire de celles qui protègent ce cycle.
Bien plus qu'une cueillette : un art du soin
Dans son nouveau reportage pour Vergers du Monde, la journaliste Brenda Helena Barreto nous emmène à la rencontre des Catadoras de Mangaba, des femmes noires et autochtones qui perpétuent ce savoir-faire depuis des générations.
Leur quotidien va bien au-delà de la simple récolte. C’est une véritable "technologie ancestrale du soin" :
Marcher et décrypter la restinga ;
Reconnaître la maturité exacte du fruit ;
Transformer la mangaba en confitures ou en liqueurs artisanales.
En transmettant ces gestes de mère en fille, les Catadoras ne font pas que faire vivre une tradition : elles protègent les arbres de leur territoire et maintiennent une précieuse autonomie économique.
Un patrimoine face à l'urgence écologique
Pourtant, ce havre de biodiversité est aujourd'hui grandement menacé. L’avancée agressive de l’agrobusiness, l’urbanisation côtière et la spéculation foncière détruisent les mangabiers à un rythme alarmant.
Le problème est profond : lorsque ces arbres disparaissent, ce n’est pas seulement un fruit que l’on perd. Ce sont des revenus, des chants, des recettes traditionnelles et toute une mémoire collective qui s’effacent avec eux.
Bien que leur métier ait été reconnu comme patrimoine culturel immatériel en 2021, la réalité culturelle et écologique reste fragile. Ce titre honorifique est un rappel crucial : un savoir ancestral ne reste vivant que si les communautés qui le portent peuvent continuer à vivre dignement de leur relation à la terre.
👉 Découvrir le dossier exclusif en cliquant sur l’image ci-dessous :
À vous de nous raconter...
Et chez vous ? Y avait-il un fruit ou une plante magique que votre famille devait attendre avec patience ? Un arbre dont les secrets et les usages se transmettaient entre générations ? Partagez vos souvenirs en commentaire, nous serions ravis de collecter ces précieux fragments d'histoire.