Terre et savoirs
Au cours des dernières décennies, l’agriculture a été bousculée par un rythme productiviste lancé à vive allure. Dans cette accélération du temps et des sociétés, les parcours de vie, les valeurs et les visions du monde ont été évaporés au profit des compétences techniques. Pourtant, ce rapport à la terre constitue un véritable héritage culturel immatériel.
Depuis 2022, Vergers du Monde a initié une recherche-action en socio-anthropologie menée par une doctorante, dans l’objectif de comprendre la circulation des savoirs paysans d’une culture à une autre, dans un contexte de dérèglements climatiques de plus en plus marqué.
Cette recherche-action a été conçue à partir d’une approche anthropologique, afin de redonner ce temps d’observation et de compréhension aux savoirs des agriculteurs d’ici et d’ailleurs. Le but : qu’ils puissent s’entraider en échangeant leurs difficultés, leurs parcours et leurs connaissances. A travers des rencontres individuelles et collectives, notre méthodologie consiste à mettre en lumière les cultures, les modes de fonctionnement, les perceptions et la résilience des agriculteurs, en France et dans le monde.
Ouvrage en cours de préparation.
Une collaboration pluridisciplinaire
Le projet Terre et savoirs (TERSA) concrétise cette ambition à travers une collaboration entre Vergers du Monde, l’INRAé (UMR CESAER), l’Université Paris Nanterre (UMR ISP), l’ADEME et la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Une méthodologie de l'immersion
Pour saisir ces savoirs, notre démarche s'appuie sur deux éléments de la recherche en sciences sociales :
Le travail ethnographique : nous réalisons des entretiens semi-directifs auprès d'agriculteurs locaux et d’agriculteurs migrants. L'objectif est de recueillir la "mémoire des gestes" et de comprendre le rapport de chacun à son territoire.
La recherche coactive : inspirée du dispositif de recherche agraire du GERDAL, cette méthode place les agriculteurs au centre. Au-delà du recueil de données, nous les accompagnons dans la formulation de "problèmes traitables" pour faire émerger, ensemble, des solutions adaptées aux réalités du terrain.
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ateliers collectifs
agriculteurs interviewés
« Pour bien des régions du Sud du monde en effet, créer du vivant à partir de l’invivable aura été notre condition des siècles durant. La nouveauté est que nous partageons désormais l’épreuve des extrêmes avec plusieurs autres que ne pourront protéger, à l’avenir, ni aucun mur, ni aucune frontière, ni aucune bulle ou enclave. »
— Mbembe A. (2023). La communauté terrestre. La Découverte.